Mon père avait invité nos voisins de la Forêt Couleur hier soir. Puis finalement beaucoup d'alliés de Rasolga sont venus au festin : Poisson, Coquelit, Misturin et bien d'autres. Ma mère était déçue que sa grande voisine de Chycolate ne puisse venir. Bref, comme la plupart du temps ce sont des soirées accompagnées d'un thème. Et cette fois-ci c'était à la dame de Coquelit d'en choisir le sujet. Voila qu'au final ce fut un bal masqué. Ma mère nous avait emmener dans les ruelles de Tsugar pour nous confectionner des masques sur mesure. Le mien est magnifique ! Il est blanc et noir avec des ornements en or autour des yeux. Il y a aussi un diamant, une perle blanche, sur le front. Plusieurs plumes partent au-dessus de la chevelure, de même que la tige est faite en argent ... J'avais proposé à Meliaw de venir, mais la santé de sa grand-mère devient de plus en plus préoccupante, il était dont bon pour lui de rester à ses côtés. Mais je ne me suis pas empêcher d'embarquer Andréa dans la foulée. J'étais partie avec elle, un après-midi, à la conquête d'un masque à sa portée. Il est incroyable, il est fait en argent dans toute sa matière, alors que des graffitis sont posées délicatement sur les joues avec de la soie. Il y a même des oreilles de chat.
Le soir venu, ma chambrière était aux petits soin avec ma robe et mes beautés. Je ne voulais pas un corset trop tendu comme au dernier dîner, j'ai cru que j'allais mourir étouffée ! Cette fois-ci, elle est grise, on aurait dit de la neige. C'était Dewey qui me l'avait offerte et il sait que j'aime beaucoup les cristaux. Un peu trop serrée à mon goût, Dima ajustait ma coiffure avec de simples perles.
Andréa me rejoignit quelque minutes plus tard dans mon appartement. Elle était magnifique, elle avait une robe bleue qui scintillait. Ses cheveux étaient noués avec une couronne de fleur de cerisier et Dima avait du lui prêter quelques diamants en guise d'accessoires.
Nous descendions alors dans la salle principale, où mon père devait trôner. Je supposais qu'il trinquait déjà avec nos confrères de d'autres régions, mais je fus surprise de le voir se pomponner ! Ma mère suffoquait de rire.
Je vis Dewey rentrait dans le hall. Il portait ses gantières, ses bottes dorées et son chemisier bleu aux ornements luxueux. Il rayonnait ! Il devait probablement venir de l'écurie.
Eloignées de la foule, je murmurais les noms de ces nobles à Andréa.
Une femme grande, mince et au teint palot ressemblait à une sorcière. Dewey et moi l'avons surnommée "Grisette". Son mari était un homme fort embonpoint mais d'une attitude agréable. Ses filles, aussi têtues les unes que les autres, s'amusaient à fanfaronner des chants de l'ancien temps. Cette famille, les Fiourus nous vinrent de Misturin. Par delà cette forte distance, nous les logeons pendant quelques temps.
Par la suite, les gardes de Poissons entrèrent. Salués par toute la famille, je ne les connaissais pas réellement. Même si mes parents étaient fort alliés à eux et que les échanges de marchandises étaient fréquents entre nos deux cités, je ne me rappelais pas de ces aristocrates. Le seigneur Vildum était un homme à forte carrure et d'un regard ténébreux ... rien qu'à la voir moi et Andréa frissonnions. La dame était d'une beauté, ses cheveux blonds et ses yeux bleues lui donnait une valeur incroyable. Ils avait deux fils, l'aînée avait déjà atteint l'âge mûr et était un cavalier fort élévé. Il se nommait Lorion. Le cadet m'intriguait, il était blond comme sa mère. Son regard était étrange, il avait une façon de parler ou même de regarder qui était inquiétante. Ce n'était pas de la timidité mais une confiance en soi exubérante.
Autour de la table, les serveurs emportaient et amenaient des coupes, des vins, des plateaux. Le dîner était riche comme à chaque soirée prévue : entrées, plat froid, plat chaud, dégustation, charcuterie, fromage, délices, dessert et pour combler le tout une bonne pause dans le salon où hommes jouaient et femmes buvaient.
... suite plus tard ...